Loyalistes noirs au Nouveau-Brunswick, 1783-1854: 1783-1854: Les concessions foncières

Les loyalistes noirs et les concessions foncières au Nouveau-Brunswick

Environ 1 500 Afro-Américains s'établissent au Nouveau-Brunswick, une colonie de loyalistes créée en 1784. Ayant entendu parler de bonnes terres à accorder le long du fleuve Saint-Jean, bon nombre de loyalistes, notamment le loyaliste noir éminent Thomas Peters, se rendent au port de Saint John. Lorsqu'ils y arrivent, de nombreux Afro-Américains découvrent que, malgré les promesses, ni les terres ni les provisions pour trois ans ne sont accessibles.

La majorité des loyalistes arrivent à Saint John à la fin de l'été et au début de l'automne. Par conséquent, la question des habitations est d'une importance primordiale. Dans son étude influente intitulée The Black Loyalists: The Search for a Promised Land in Nova Scotia and Sierra Leone, l'historien James Walker signale que «sans fermes ni provisions, ils n'avaient d'autre choix que de profiter de toute occasion, peu importe l'injustice, pour survivre ». [Traduction.] (Walker 45-46). Les loyalistes qui attendent leurs terres à Saint John n'ont pas le droit de pratiquer un métier, d'ouvrir un commerce, d'aller à la pêche au havre de Saint John ou de voter dans les élections de la première Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Leur seule option est de décrocher un emploi à titre de domestique ou d'ouvrier — ou de mourir de faim.

Même si cent familles afro-américaines reçoivent plus tard des concessions de terres à Saint John, elles découvrent bientôt que leurs terres sont situées à près de 18 milles de la ville, ce qui rend les communications difficiles. L'arpentage de grands terrains pour l'établissement des Afro-Américains est effectué le long de la rivière Nerepis et du ruisseau Milkish ainsi qu'à St. Martins, mais aucune de ces régions n'est idéale pour l'agriculture. Comme bon nombre de loyalistes blancs, la population afro-américaine du Nouveau-Brunswick a très peu d'expérience, sinon aucune, pour ce qui est de défricher la terre, mais de nombreuses familles de blancs bénéficient au moins des biens domestiques et de l'argent qu'elles amènent avec elles.

Jusqu'en 1790, de nombreux Afro-Américians libres se laissent décourager par leur situation et ils abandonnent leurs terres à l'extérieur de Saint John et dans les régions éloignées de la colonie. La plupart d'entre eux trouvent du travail dans les centres urbains, souvent dans des conditions qui sont à peine meilleures que celles de l'esclavage auquel ils viennent d'échapper. Les sentiments d'isolement se répandent, et, sans représentation au sein du gouvernement du Nouveau-Brunswick, de nombreux Afro-Américains libres cherchent des solutions de rechange, dont l'une est la colonie britannique des esclaves émancipés dans la république africaine de Sierra Léone. Les pétitions dans notre collection laissent croire que certains loyalistes noirs n'abandonnent jamais leurs efforts d'obtenir des terres de la Couronne, qui sont accessibles aux colonisateurs de bonne foi du Nouveau-Brunswick jusqu'aux années 1820. Dans certains cas, les enfants des loyalistes noirs demandent aussi des terres au moyen de pétitions, tout comme les esclaves qui réussissent à se libérer.